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Nikolova, Vidka. "Le mouvement bogomile..." Au lecteur de la première édition et à propos de la deuxième édition revue с. 339-351
Qu'ai-je appris de cet ouvrage? Devant le "quoi" je mets le "pourquoi" - pourquoi ai-je écrit cet ouvrage? Parce que, selon ma Foi, le principe déterminant dans l'histoire c'est que les différents peuples et cultures sont appelés à témoigner de la Vérité. C'est dans ce But qu'ils naissent et c'est Ce qui détermine leur développement - par le "quoi" et le "comment". Car, nous rendant compte du principe de la culture nationale bulgare, on peut faire supplanter le vivre d'aujourd'hui, de plus en plus dépourvu de sens, par la vie dans notre temps-espace ethnoculturel, c'est-à-dire par la réalisation de ce qui a été écrit d'avance sur la voie allant du Premier, à travers le Deuxième, jusqu'au Troisième testament de Dieu avec l'humanité. Car "avoir été est le type le plus sûr de l'être" et ses enseignements nous sont aujourd'hui salutaires. Déjà la préparation de cet ouvrage a raffermi en moi la conviction de ne jamais douter de l'Uni-versel que nous, ma culture et moi, nous portons en nous. Certes, c'est de la position de l'unité de la vie Divine et de l'histoire humaine que je l'observais. Cette position non plus ne m'appar-tient pas - je ne fais qu'y participer à mon tour, la saturant de contenu bulgare concret. C'est ainsi que j'ai compris qu'il ne serait pas très difficile à l'homme de parler de "nous et les autres" pourvu qu'il fasse confiance en eux aux diverses consciences de Dieu en tant que niveaux de "l'homme intérieur". Celui-ci acquiert en moi un sens strictement intime et un sens strictement national. C'est ainsi que je conçois, moi, le "sacro-saint" où mon Dieu à moi c'est ce Silencieux Qui me parle. Aussi la première porte menant à la prise de conscience personnelle des acquis ethno-cul-turels sera-t-elle entrouverte, une fois faite la lecture du mythe cosmogonique principal - tel qu'il existe ici, dans la tradition orale bulgare racontant par ses idées, ses motifs et ses images à elle la création du monde, ce qui a été prédestiné à l'homme, notre confession devant Lui née en paroles et rites, ici même "où habite le Bulgare". Je l'ai découvert tout entier dans le chant - le motif tradi-tion-nel de "la jeune fille emmurée" dont les variantes nombreuses forment l'unité de sens inaltérée à travers les millénaires. Dans mon désir de dater la pose de la première pierre de son fondement, je me suis fiée, certes, à l'histoire des idées. Cela s'est fait tout spontanément et, non pas tant à cause de mon sentiment de l'insuffisance totale de tous les types de structuralisme et de fureur de l'opposition contre le Dieu des sciences qu'à cause du caractère même de la parole-chant, choix bulgare du mythe cosmogonique, j'ai été placée au plus profond du monde des principes. Elle s'avère la première aussi pour notre essence matérielle et corporelle. C'est elle que la génétique moderne révèle comme déterminante - en parlant de "génotype national", elle dé-couvre en les Bulgares contemporains les détenteurs - possesseurs des mêmes caractéristi-ques géné-ti-ques que celles d'il y a plus de sept millénaires. Ainsi la première pierre apportée à l'édifice de notre culture nationale s'est-elle révélée thraco-orphique. Édification humaine, notre foi en Dieu commence par la foi thraco-orphique en l'immortalité de l'homme. L'élément premier, qui y entre, de la Vérité sur le Créateur Toutpuissant, en fait la pierre angulaire de notre rencontre avec la foi en Dieu Vivant, la Pierre vivante posée par notre Père dans l'ordre universel. Considérées sur un plan intimement national, les idées et les images de la tradition orale populaire montrent que le temps-espace ethnoculturel y est d'avant-le Nouveau Testament sans pour autant être de l'Ancien. Disposant de l'homme immortel édifié de façon monothéiste - fils du Soleil, roi-prêtre-guerrier-maître, le discours folklorique bulgare représente la pré-écriture, la parole pré-imagée, tout à fait préparé à recevoir, à lui donner son sens et à développer dans son milieu le mono--théisme du Nouveau Testament concernant le fils de Dieu, le Roi, le Grand prêtre, le Maître. Le Semeur a copieusement jeté la graine d'en haut - en bas le sol fertile prépare une riche moisson. Au fur et à mesure que je travaillais sur cet ouvrage en suivant l'histoire des idées, je me rendais de mieux en mieux compte de ce que, indépendamment et en dehors de la culture judaique et sans l'Аncien Testament, se développe parallèlement dans le temps une culture d'avant-le Nouveau Testament - le temps-espace culturel thraco-orphique est la préparation de la doctrine du Christ sur un plan monothéiste et par une parole et des suggestions pré-imagées. Ce processus millénaire a dû être clair, selon moi, aux premiers temps chrétiens aussi. Ils l'acceptent comme un fait déjà accompli, s'y conformant grâce à une expérience providentielle - c'est par la Divine providence que Saint-Paul quitte le sol de l'Asie Mineure pour se rendre en Thrace-Macédoine. Lors du deuxième voyage missionnaire de l'apôtre, le Saint-Esprit l'empêche d'annoncer la bonne parole en Phrygie, en Galatie, en Assye, en Mysie et en Bithynie et le fait aller à Troas avec l'apôtre Luc et le disciple Timothée. Ici - "Pendant la nuit, Paul eut une vision: un Macédonien lui apparut et lui fit cette prière: "Passe en Macédoine, secours-nous!" Après cette vision de Paul nous cherchâmes aussitôt à nous rendre en Macédoine, concluant que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne parole. Étant partis de Troas, nous fîmes voile directement vers la Samothrace, et le lendemain nous débarquâmes à Néapolis. De là nous allâmes à Philippes qui est la première ville d'un district de Macédoine, et une colonie. Nous passâmes quelques jours dans cette ville", raconte l'apôtre Luc dans les "Actes des saints apôtres" /16:9-12/. C'est en l'an 52 après J.-Ch., Le lieu est la Thrace et la Macédoine - la ville Philippes (frontière administ-rative entre elles), fondée par Philippe II de Macédoine à l'endroit de la localité caractéris-tique thrace pélasgienne Crénidi (Крениди). Ce n'est pas par hasard qu'on y accède par l'île de Samothrace qui a été de toujours un sanctuaire thrace. C'est donc de là que part la propagation de la foi du Christ en Europe - l'être millénaire thrace-orphique. "Passe en Macédoine et secours-nous!" - cet appel au secours implique un empressement conscient d'accueillir le Christ et il est sans analogue dans les tout premiers temps chrétiens. Pas un seul espace-nom ne s'y adresse au Dieu Vivant pour appeler au "secours" avant de L'avoir connu, faisant de la sorte savoir d'avance et en même temps l'absence de toute contradiction avec Lui. Ce phénomène se voit confirmé aussi par l'acceptation rapide et réussie du prêche de l'Évan-gile en Macédoine (dès ses premières villes au nord de la Mer Égée: Néapolis, Philippes, Amphi-polis, Apollonia, Thessalonique), en Thrace et dans les Rhodopes. "Les églises dites macédo-niennes", situées de Cavalla à Ohrid, datent des années 51-58 après J.-Ch. (deuxième et troisième voyage missionnaire de Saint-Paul). Tout comme elles sont apostoliques aussi les églises dans l'hinterland de la Thrace et sur la côte de la Mer Noire: à Philippopoli (Plovdiv) le premier évêque est le disciple et le compagnon de Saint-Paul - Hermas; à Véréia (St. Zagora) c'est Karpe; c'est Saint--Paul lui-même qui témoigne à propos de la Scythie déjà en 61-62 en s'adressant aux Colos-siens (Phrygie): "vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres, et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la circonstance, selon l'image de celui qui l'a créé. Il n'y a ici ni Grec, ni Juif, ni circoncis, ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tout" /Col. 3:9-11/. De la Macédoine, à travers la Thrace et jusqu'à la Scythie il n'y a que des disciples de Saint-Paul; dans le langage du temps cela veut dire la décennie 52-62 après J.-Ch. Les terres le plus au sud et au sud-ouest de celles mentionnées ci-dessus, en même temps qu'une partie des Phodopes deviennent le centre de l'activité de Saint-Paul; ces terres ont été sil-lon-nées à plusieurs reprises et en tous sens par lui et ses coapôtres et disciples (les apôtres Luc, Silas, Marc, Timothée, Éraste, Clément, Épaphrodite). Ceci est con-ditionné aussi par le fait que sur le plan géographique la Thrace-Macédoine est située à un point crucial du chemin qui relie sur terre l'Asie Mineure à Rome. De cette manière, par la divine provi-dence, le temps-espace ethno-cul-turel Thrace-Macédoine se voit indissolublement lié à l'histoire des idées du christianisme à partir du milieu du Ier s. Dans l'appréciation portée par Saint-Paul, il est synonyme notamment de foi irréprochable et de participation à la grâce du Christ. D'après Saint-Paul, appelé à garder la doct-rine chrétienne pure de tout mélange, les églises y sont un modèle pour le monde d'alors en voie de christianisation. Tout en faisant leur éloge, Saint-Paul nous renseigne le premier sur l'aisance et l'application avec lesquelles ils ac-cueillent la doctrine de Jésus-Christ avant tout comme une doctrine sur le Dieu de la Vie et le Dieu de l'Amour /I Thes. 1, 4, 5/. Et dans sa Deuxième épître aux Thessaloniciens en dévelop-pant sa doctrine sur le Jugement dernier et l'avène-ment du Christ, Saint-Paul parle d'eux comme de "frères bien-aimés du Seigneur" еt choisis pour le salut, les mettant au nombre des hommes "qui ont la foi" - "car tous n'ont pas la foi". Pour cette raison Dieu les "affirmera et pré-servera du malin" en sa qualité de "Dieu de la paix" /II Thes. 1, 2, 3/. Il faut bien retenir ceci - la foi en le Dieu Vivant-Dieu de l'Amour-Dieu de la paix car c'est cette foi qui, édifiée dans notre carte ethno-culturelle, justifie et explique des phénomènes et des processus spirituels qui se sont déroulés chez nous seule--ment au XIXe-XXe s. et ont marqué la fin de notre deuxième millénaire - dans la présente édition revue c'est le quatrième et dernier chapitre "Dans ce monde avec l'Esprit du Christ" qui y est consacré. Au milieu du Ier s. après J.-Ch., la côte nord de la Mer Égée - la Thrace et la Macédoine - et les terres au nord d'elles, sont déjà préparées à reconnaître en le christianisme leur "religion absolue", ce qui ne pourrait pas être observé plus au sud, sur les "lieux" grecs au cours de ces mêmes années. Appelé au secours en Macédoine et en Thrace et y ayant déjà séjourné, Saint-Paul continue son voyage au sud, bien que non-appelé. À l'aréopage d'Athènes, les Athéniens, "lorsqu'ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent: Nous t'entendrons là-dessus une autre fois". Аvant sa prédication Saint-Paul leur confie ceci: "Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription: À un dieu inconnu! Ce que vous révérez sans le connaître, c'est ce que je vous annonce." /Actes. 17-23/. "À un Dieu inconnu" sur un autel à Athènes est le pressentiment de ce qui dans "Passe en Macédoine et secours-nous!" est la connaissance - différence documentée sans ambiguité par Saint-Paul et l'apôtre Luc dans le Nouveau Testament. Les anciens Grecs, qui avaient adopté des siècles plus tôt la foi thraco-orphique en "l'immortalité de l'homme" comme une foi en "l'immortalité de l'âme", réagissent typologiquement de la même façon, cette fois encore, à "la foi en le Dieu Vivant". Les millénaires se succèdent, la carte historique varie où se profilent d'autres époques, mais les catégories-natures restent. Le sens des propos du prêtre égyptien adressés au législateur Solon concernant les Grecs qui seraient des enfants par rapport au grand savoir, est le même aussi au milieu du Ier s. après J.-Ch. chez Saint-Paul s'adressant aux Corinthiens. Il leur écrit: "Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les paiens… Mais l'homme naturel (dans la traduction bulgare du texte biblique on trouve la notion "душевен", adjectif dérivé d'"âme") n'accepte pas les choses de l'Esprit de Dieu… Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels." /I Cor. 1, 2, 3/. De l'isomorphisme culturel, "limité" sur le plan géographoétatique dans l'Empire romain, nous regardent deux visages ethno-culturels différents l'un de l'autre: la Grèce - "À un Dieu inconnu" et la Thrace-Macédoine - "Passe en Macédoine et secours-nous!". C'est bien ici le moment de rappeler que l'État est incapable de générer des idées hors de la culture. C'est en rédigeant mon ouvrage que je me suis rendu compte de ce que "l'État" est à genoux devant "la culture". Toujours. Il nous faut absolument avouer que le providentiel "Passe en Macédoine et secours-nous!" et le témoignage de Saint-Paul sur le "À un Dieu inconnu" à Athènes trouvent et reflètent la même problématique, que la thracologie de la fin du XXe s. caractérise comme suit: l'orphisme thrace "se situe entre la fin du deuxième millénaire et le IXe-VIIIe s. av. J.-Ch. Après le milieu du VIe s. av. J.-Ch. la doctrine disparaît en Grèce et s'est conservée en Thrace. On y jette de même sur lui l'habit du christianisme" /Al. Fol/. À mon avis, ce n'est pas d'habit "jeté" qu'il s'agit là. Car "le problème de l'attirance a déjà eu lieu", ce dont témoigne encore le prophète Issaia /4:13/, suivi de saint apôtre Jean /6:45/ et de saint apôtre Paul /Épître aux Juifs 8:11/ - ceux qui sont attirés et viennent auprès de Dieu Fils, ce sont ceux qui L'ont connu par Dieu Père lui-même. L'attirance des enfants de l'église du Christ s'effectue par des paiens - les enfants de l'épouse du Fondateur Créateur Édificateur, ici, à l'endroit où nous sommes. Notre propre connaissance-attirance. C'est ainsi que dans la doctrine de l'orphisme thrace le début du christianisme trouve tout préparé pour lui "l'homme intérieur" qui sert à y édifier la doctrine bogomile. C'est dans ce "modèle", aussi bien sur le plan-temps que sur le plan-espace, que paraît "Le livre secret" des bogomiles. Mon essai de l'analyser s'est transformé en une révélation dont les instants ont réaffirmé, une fois de plus, la conscience en moi de la primauté des idées sur le reste du monde. En poursuivant l'histoire des idées concrètes qui entrent dans "Le livre secret", je date l'origine de ce monument écrit ancien bulgare de la deuxième moitié du Ier s. (du milieu du IIe s. au plus tard). Aussi "Le Livre secret", de son côté, fait-il "reculer" la datation du mouvement bogomile en tant que doctrine, c'est-à-dire que ses origines ne remontent pas au Xe s., comme l'historiographie académisée l'a considéré jusqu'à présent, mais au Ier s. En d'autres termes, le mouvement bogomile a sa caractéristique qui se rapporte strictement au début du christianisme, motivée de façon pré-imagée dans notre temps du Premier testament et repré-sen-tant elle-même une pré-image - motivation du temps du Troisième testament. Une riche base d'observations m'a été fournie aussi par les effigies bogomiles dont la plupart sont sur pierre. Phrase par phrase, le livre secret de la foi conservée jusqu'à la fin du premier millénaire où l'historiographie du haut Moyen âge l'a documentée en tant que "mouvement bogomile", est composé de textes choisis avec précision, déterminés de façon systématique, empruntés directe-ment et uniquement aux livres du Nouveau Testament et portés au point de citations. Ce qui, à mon avis, rend, sur le plan méthodologique, tout à fait infondé le traitement jusqu'ici du "Livre secret" seulement sous un jour d'apocryphes-paulinisme-manichéisme, qui sont nés aux siècles ultérieurs et dont les idées, certes, en sont absolument absentes. Aussi ai-je opté pour une nouvelle approche du Livre - je fais son analyse mot par mot dans et à travers le Nouveau Testament dont il part. Cela m'a donné la possibilité de découvrir sans ambiguité dans "Le livre secret" la présence directe des premiers auteurs chrétiens - évangélistes et apôtres, en tant que pensée, culture des idées et du comportement. C'est Saint-Paul qui se détache en particulier parmi eux par les idées essentielles de sa doctrine. Vu les données topologiques aussi, ce n'est pas du tout une surprise mais une autorévélation du plus important monument écrit bogomile en tant que création monothéiste se rapportant strictement au début du christianisme aux fondements ethnoculturels prononcés. Voilà pourquoi même au XVIe s. la foi des "habitants" d'ici est toujours caractérisée par les termes: "La foi de Saint-Paul" - c'est toujours cette foi-là qui était confessée à travers "la Bosnie, la Serbie et la Bulgarie" vers Constantinople, comme en témoignent les descriptions des dessinateurs-cartographes arrivant d'Europe Occidentale vers nous. La doctrine bogomile est présentée comme la lecture bulgare de la conception nouveau-testamentaire du monde. Dans ce sens le pathos désavouant et anathématisant, par exemple, du Presbytérien Kosma (Xe s.) et de Christo Popov (XXe s.) selon lequel le mouvement bogomile aurait ébranlé de fond en comble l'étatisme bulgare, tout comme le fait de traiter les bogomiles de "précurseurs des communistes" (XXe s.), proviennent pour moi d'un même temps-espace, sont de la même couvée qui se trouve à gauche du Dieu Père. La connaissance du mouvement bogomile dans son être pré-imagé (parole, pratiques rituelles, effigies) est en fait la réponse à la question - pourquoi la foi, la doctrine et le mouvement des bogomiles ont-ils lieu exactement ici, dans l'étendue, historiquement formée à travers les âges, de "la culture nationale bulgare"? Cette connaissance "jaillit" littéralement des sources de la doctrine bogomile - sources bulgares et étrangères. Leurs détails et particularités-clés et embléma-tiques, "lieux typiques" durablement véhiculés dans le temps, témoignent: • du mythologique "avant le Christ" dans l'ancien milieu culturel thraco-orphique et le milieu culturel protobulgare qui se sont eux-mêmes préparés à connaître le Dieu Vivant dans l'"après le Christ"; • de la rencontre des deux milieux qui, à mon avis, représente "le grand retour" - ici, du milieu culturel protobulgare dans le lien réalisé Inde-Bulgarie; • de la synthèse rapidement effectuée entre les deux milieux - le temps culturel Pliska-Preslav; • de son extension en dehors du Premier, du Deuxième, du Troisième royaume bulgare, lorsque notre domaine ethnoculturel fait décidément partie de l'édifice de l'Europe occidentale et de la Russie, tout en les prédéterminant. En suivant ces riches interactions, incarnées en images et solutions écrites, graphiques et en pierre, j'ai en fait suivi la trinité: corrélation, succession et continuité dans l'histoire des idées. Sur le plan iconographique, par exemple, elle réunit dans un ensemble strict et intact des sculptures cultuelles datant des premiers siècles de la nouvelle ère, "les stetchki" (pierres verticales) du XIIIe-XVIe s. et des effigies religieuses en pierre et des monuments funéraires du XIXe s. Cette intégralité concrétise notre autocaractérisation culturelle intime - la doctrine et le mouvement des bogomiles devenus partie intégrante de l'histoire chrétienne de l'Europe entière aussi. Selon moi, il est des phénomènes qui concrétisent au plus haut degré le lien entre les époques: de l'écrit d'avance dans la préparation de l'avènement de Jésus-Christ par Son appellation pré-imagée soit dans, soit hors d'un milieu Ancien-testamentaire, à travers Son acceptation et Son accueil au début du christianisme, dans les divers milieux ethnoculturels et jusqu'à Son être affirmé en eux. La doctrine et le mouvement bogomiles font partie de ces phénomèneslà: dans notre culture nationale ils sont ce qui concrétise au plus haut degré le lien entre les époques: de l'écrit d'avance dans la préparation de l'avènement de Jésus-Christ par Son appellation pré-imagée dans un milieu thraco-orphique hors de l'Ancien Testament à travers son accueil en lui au début du christianisme et les synthèses de ce lien et jusqu'à Son être affirmé en nous pour accueillir-accepter-propager le Troisième, dernier, testament de Dieu avec l'homme - la Parole du Grand Maître Universel Béinsa Douno Pétar Danov. Ainsi et dans la précédente, et dans la présente édition je confesse l'idée que si le Premier testament donne l'Enseignement de la Lumière (la Lumière, Amour matérialisé de Dieu) pour les esprits humains, et le Deuxième testament représente l'Enseignement de la Clarté (la Clarté, Sagesse matérialisée de Dieu) pour l'âme humaine, le Troisième testament donne, lui, l'Enseignement de la Gloire (la Gloire, lumière Divine, Vérité matérialisée de Dieu) pour l'esprit humain. Des positions de la pensée culturologique du centenaire dernier c'est normal de s'attendre à ce que, à chaque page de cet ouvrage, je me serve du concept de Jung, "archétype", académisé jusqu'à présent. Je voudrais expliquer en bref pourquoi, moi, je ne le fais pas. Je me servirai d'un exemple. Le fondateur de la Troisième école de psychologie médicale de Vienne qui a remplacé la psychanalyse (de Freud, Adler, Jung) par la logothérapie - le professeur Victor Frankl, qui a survécu à un séjour de trois ans à Oswiecim et y a composé, en pensée, son ouvrage fondamental sur elle, reçoit un jour la visite d'un haut diplomate américain. Jusqu'à sa rencontre avec Frankl celuici avait subi un traitement de cinq années entières par la psychanalyse. Le problème du diplomate consistait en son incapacité à se résigner à la politique étrangère américaine. C'est pourquoi son psychanalyste, adepte de Jung, avait cherché tout le temps à lui inculquer l'idée qu'il devait s'entendre avec son père puisque le gouvernement des États-Unis d'Amérique et les supérieurs directs du patient n'étaient "rien d'autre que des images du père". Frankl dit à propos de ce cas dans sa pratique médicale: "Poussé de plus en plus à faire sienne l'interprétation de son analyste, le diplomate a fini par ne plus être en état de distinguer la forêt de la réalité des arbres des "symboles et images"… Selon la psychanalyse de Jung l'homme est tissé des "images" de l'âme et des "symboles", et le symbole "joue un rôle primordial lors de la transformation de l'énergie biologique en contenu psychique"; tenant la place centrale dans la vie psychique, "le symbole" est cette "machine psychique qui transforme l'énergie d'une forme biologique en une forme culturelle" (1928). La vie du Christ est aussi un "symbole" en l'homme, symbole d'acquisition de "sens"; "le monde représente en soi une machine gigantesque dénuée de sens"; à la question quiqu'estce qui crée "le sens", Jung répond que ce n'est pas Dieu mais "plutôt l'image du dieu en tout homme". Il s'ensuit que "les archétypes" sont des pré-images en l'homme formées en lui lors de son évolution préhistorique - "lorsque je parle de Dieu, j'ai en vue l'image du dieu que l'homme s'est créée"; aussi "le sens" estil révélé "uniquement par l'être humain"... À mon avis, ce n'est pas simplement du "matérialisme vulgaire" et du "psychoénergétisme mécaniste", pas simplement "une position quasireligieuse" de type dualiste judaique, mais une position pseudoreligieuse et pour cette raison même complètement dépourvue de spiritualité puisque sur le plan anthropologique elle a une base dichotome nettement prononcée. Traduit dans le langage de Saint-Paul, cela signifie: "l'homme naturel [v. l'explication ci-dessus] n'accepte pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge" /I Cor. 2:14/. "L'homme naturel" [v. l'explication ci-dessus] est de jadis, et d'aujourd'hui, et de demain, il est historiquement intemporel et où que nous le rencontrions, il sera toujours loin de la connaissance spirituelle. Je n'ai jamais douté de ce que la science est appelée à étudier et à découvrir les lois de la connaissance spirituelle. Aussi, de mon point de vue, la présence de l'archétypique de Jung dans la sphère de l'historiographie estelle méthodologiquement mal fondée et relève du pseudoscientifique. Aujourd'hui c'est aussi une marque de retard et d'autorestriction, vu le fait qu'après la Première et la Deuxième écoles de Vienne (Freud, Adler, Jung), il en existe depuis un bon moment déjà une Troisième - celle de V. Frankl. Et si, pour des raisons ontologiques et anthropologiques on devait opter pour un point de départ du domaine de la psychologie médicale, ce serait, je pense, la logothérapie de Frankl. Je trouve absolument fondé son mécontentement des théories caractérisées par son terme "riend-'autreque" - théories selon lesquelles l'homme n'est le résultat "de rien d'autre que" de conditions et de milieu biologiques, psychiques et sociaux. Je partage les généralisations de Frankl - "L'homme est quelque chose de plus que le psychisme" et "Le logos est plus profond que la logique". En même temps que sa conception de la vie humaine sur terre comme "une fin propre" parmi "le sens incondi-tionnel", le Sursens, ces généralisations s'apparentent à une conception de la vie spirituelle en tant que réalité. Bien sûr que le mouvement n'est pas un psychodrame mais un logodrame. Bien sûr que le drame "histoire" représente la corrélation Dieu-homme. Là, à un des moments de cette corrélation dans notre histoire nationale, restent écrits les propos de St Constantin-Cyrille Philosophe. C'est lors de sa mission chez les Sarrasins qu'il dit que Jésus-Christ, de la plaine, "élève très haut le poids humain (ce qui pèse), en enseignant à l'homme la foi et la vertu Divine" Créateur universel, Il a "créé l'homme entre les anges et les animaux (les brutes), en le séparant des animaux par le don de la parole et la pensée (le langage et la raison), et des anges par la colère et la concupiscence charnelle (la colère et la concupiscence). Et l'homme se rallie à la partie dont il est le plus proche - aux inférieurs ou aux supérieurs". Dans le langage de Frankl cela revient à son choix de la notion "l'échelle de Jacob" /Gen. 28:12-17/. Dans son étude de l'homme la logothérapie, dit-il, "doit se mouvoir sur quelque chose dans le genre de l'échelle de Jacob, vers le haut et vers le bas", sans pour autant négliger ni son propre caractère métaclinique, ni se permettre de lâcher pied sur "la terre ferme de l'empire clinique". "L'échelle de Jacob" compte parmi les notions les plus saturées de contenu de l'Ancien Testament, qui parlent par des pré-images et annoncent notamment la nature divine et humaine de Jésus-Christ. Anthropo-lo-gique-ment parlant, elle n'est pas un choix accidentel d'image chez Frankl - par là il partage de la façon la plus directe la doctrine de Saint-Paul concernant l'homme: "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps" /I Thes. 5:23/. Anthoropologiquement Frankl s'appuie sur la trichotomie du Nouveau Testament en montrant l'intégralité - "genèse-être homme". L'intégralité représente les dimensions de l'homme en tant que corps, âme et esprit. L'être homme existe en tant qu'être "propre et unique", "absolument sien": "Avoir été est le type le plus sûr de l'être". En dehors de lui, "dans la masse", l'homme se perd soimême puisqu'il perd sa possibilité de choisir, il perd son être "dans la liberté et la responsabilité". Ainsi dans la masse l'homme est "typisé". À mon avis, l'archétypisation n'est qu'une variété du processus de "la perte de soi-même". Et cela ne m'étonne pas qu'elle ait poussé dans notre historiographie aussi, chrono-logiquement après l'avoir fait dans la soviétique, par rapport à son existence athée-dualiste et idéologiquement "gauche". Ma rencontre avec Frankl a justifié mon choix de point de vue sur notre histoire culturelle et en particulier sur la foi-la doctrine - le mouvement bogomile: 1) du point de vue de l'histoire des idées; 2) du point de vue de l'histoire des idées non pas sur une base indo-irano-européenne "commune"; 3) du point de vue de l'histoire à l'intérieur de l'être ethnoculturel propre intime et unique - ici, en lui: de l'appellation pré-imagée du Père, du Fils et du Saint Esprit à l'édification de Son temple et au service pour l'exécution de Ses commandements. Ainsi, travaillant sur le présent ouvrage, j'ai pris conscience de ce que je participe à mon tour, en effet, à la faim, commune à tous les esprits, d'une connaissance tout entière de l'homme divisé en parties, sous-parties et microéléments par l'actuelle spécialisation étroite très poussée de la multitude de sciences, sous-sciences et sous-disciplines. J'ai vu de même ma microplace dans ces 3% à peine de masse Universelle qui nous est visible et qui dans ses autres 97% reste impalpable et obscure à l'homme d'après les acquisitions contemporaines de l'astrophysique: "Tout d'abord nous avons découvert que la Terre n'est pas le centre de l'Univers. Puis que notre Galaxie même n'en est pas le centre. À présent nous découvrons ne pas avoir été faits dans la matière la plus répandue dans l'Univers". Dans cette découverte dont l'essence est de "trois pour cent", le choix historiographique - pour ou contre la vérité, est de loin le déterminant non seulement à cause de la biographie de la culture bulgare. Évidemment, l'un des participants au drame observé est aussi l'historiographie. Des tentations guettant dans son sein, en vue de la prévention je lui consacre les lignes qui suivent sur le monde européen dans la carte de la culture bulgare. Nous lisons un texte du "Livre secret" (son texte intégral est publié aussi dans la présente édition): relégué par Dieu Père dans un temps-espace strictement délimité - "jusqu'au cinquième ciel", et tentant "les anges du Père invisible, le Satan dit à chacun d'entre eux ceci: "Combien dois-tu à ton dieu? - Celui-ci répondit: "Cent mesures de blé." Et il lui dit: "Prends une plume et de l'encre et écris: soixante". Et il dit à un autre: "Et toi, combien dois-tu à ton dieu? Celui-ci répondit: "Cent mesures d'huile". Et le Satan dit: "Assieds-toi et écris: cinquante". Et tout en s'élevant à tous les cieux, il répétait cela jusqu'au cinquième ciel…" "Le livre secret s'y réfère, en le citant, à l'Évangile de Luc, ch. 16, versets 1-8, consacrée à la parabole, racontée par Jésus Christ, de l'accapareur malhonnête, c-à-d. de l'économe malhonnête qui après avoir dissipé les biens de son maître - une allégorie de Dieu, n'arrive pas à s'enrichir lui-même, à cause de la vie malhonnête qu'il mène. En lui annonçant qu'il le congédie, le maître le convoque et lui demande de rendre compte de son administration. Ainsi, ayant perdu la faveur de son maître, l'économe décide de retrouver grâce du moins aux yeux de ses débiteurs, se servant de ce stratagème: "Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître? Cent mesures d'huile, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante. Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois-tu? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet et écris quatre-vingts." (Luc, 16:5-7). Cette citation par "Le livre secret" d'un texte du Nouveau Testament d'après l' Évangile de Luc est commenté-analysé par l'académicien Dim. Anguélov de la façon suivante: "Ce qui est pourtant nouveau et original, c'est le récit de la façon dont le Satan s'attire les anges par des promesses de dégrèvements fiscaux. Ce récit reflète l'état d'esprit de la paysannerie moyenâgeuse écrasée de lourdes corvées et redevances et pour laquelle la plus grande faveur était d'en être débarrassée". On voit que l'historiographie quitte l'histoire. On voit l'histoire restée sans son "graphos". On voit se constituer - se maintenir l'historiographie sur le caractère social et révolutionnaire du mouvement bogomile, sur les bogomiles-révoltés contre l'ordre social et politique féodal. La carte historiographique bulgare du XXe s. continue à reproduire de façon de plus en plus nouvelle et originale ce qui est connu des sources du mouvement bogomile - sa "graphie" a son histoire plusieurs fois séculaire. Une place particulière y est réservée à "l'éminent théologien byzantin" Euthyme Zigavine de la fin XIe s., début XIIe s., contemporain, témoin et auditeur vivant du prédicateur bogomile Vassili. Celui-ci, avant d'être condamné au bûcher à Constantinople (en 1111), a été "alléché" par l'exégèse de la doctrine bogomile devant l'empereur Alexis Comnène - on sait que, sur la demande de s'empereur, Euthyme Zigavine "graphie" ces exégèses dans l'ouvrage le plus célèbre, le plus cité et traduit de tous les siècles, l'ouvrage antihérétique "L'arme dogmatique universelle" (ce n'est pas par hasard qu'il n'est traduit en bulgare qu'au XVe s.). Cette arme universelle, on le sait, lutte contre "les exégèses allégoriques" étendues, effectuées par les bogomiles d'après des versets du Nouveau et de l'Ancien Testament. À cause de leur étendue réelle, je ne me référerai qu'à un seul texte tout court: Zigavine s'indigne de ce que les bogomiles appellent "Van du Christ la parole d'Évangile, puisqu'elle sortait de sa bouche. Aire - les chrétiens, les uns ou les autres (les uns orthodoxes, et les autres, par contre, infidèles). Blé - leur foi, pure et ferme. Paille - notre foi, puisqu'elle serait inutile et digne du feu. Mais quelle oreille pieuse pourrait supporter de telles médisances? Ces bêtises-là me font du mal au plus profond de mon âme, et mon coeur en est troublé, comme dit le prophète. Et je désire interrompre là ma parole, ne pas poursuivre et ne pas mettre à jour et à la mémoire ce qui n'est digne que d'ombre et d'oubli. Mais je dois me forcer encore un peu et supporter, autant que possible, le verbiage de ces inimaginables insensés et impudents". En l'occurrence le texte interprété par les bogomiles est toujours du Nouveau testament et d'après l'Évangile de Mathieu, ch. 3, versets 11-12, se rapportant à Jean Baptiste, qui, en témoignant de Jésus Christ, dit: "Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi; et je ne suis pas digne de porter ses souliers; Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu; Il a son van à la main: il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu que ne s'éteint point". Le parallèle entre le texte de Zigavine et celui dans le Nouveau testament fait ressortir surtout deux choses. Primo, que les bogomiles citent en termes exacts le Nouveau testament, et non pas n'importe quelle "littérature apocryphe". Secundo, que l'exégèse les bogomiles des versets cités dans Mathieu coincide avec l'exégèse orthodoxe par les théologiens de la purification de l'âme humaine par le Saint-Esprit et de la séparation des justes - le blé, des indignes - la paille, lors de l'avènement et de la parousie du Christ, exégèse affirmée déjà par les saints pères (par exemple Jean Bouche d'Or) et les conciles. L'exégèse théologienne orthodoxe est présente aujourd'hui dans les livres contemporains de théologie. Le parallèle entre le texte de Zigavine et celui dans le Nouveau testament pose aussi les problèmes: primo - le théologien éminent Zigavine ne connaissait-il pas la doctrine par exemple de St Bouche d'Or d'après Math. 3:11:12?; secundo - pourquoi, se fondant sur la coincidence observée, l'éminent Euth. Zigavine n'engaget-il pas une dispute théologienne sur "leur" foi - la foi des bogomiles, et la "sienne", mais se contentet-il uniquement de la gradation d'épithètes: "bêtises", "insensés et impudents inimaginables", "verbiage", et, en fait, sur quelle commande agit l'historiographie au Moyen Age dans le temps académiquement infini de la science de l'apocryphe?; tertio - quelle est la formation théologienne de ceux qui lancent des invectives contre le mouvement bogomile?; quarto - pourquoi, au Moyen Age, ceux qui invectivent les bogomiles avec une ardeur d'historiographes interrompent-ils en effet leurs paroles sur eux, afin de ne pas mettre "à jour" et surtout "à la mémoire" la foi, la doctrine, le mouvement des bogomiles, et, à l'aide du feu, les vouent-ils sciemment à l'ombre et à l'oubli? Mais se passet-il méthodiquement la même chose aussi dans les pages historiographiques du XXe s., puisqu'une édition scientifique ("Le mouvement bogomile en Bulgarie, en Byzance et en Europe occidentale dans les sources", S., 1967), tout en signalant, à propos du texte cité ci-dessus, que c'est Math. 3:12 que les bogomiles avaient en vue, oublie d'indiquer et de montrer la comparaison mouvement bogomile - enseignements des saints pères? Aussi le résultat historiographique à travers les siècles restet-il toujours le même - le mouvement bogomile est dans l'ombre et l'oubli, et "Le livre secret" n'est toujours identifié qu'à une littéraire apocryphe de tous temps-espaces, mais en aucun cas n'est comparé au Nouveau testament… "La graphie" jette-t-elle l'ombre et k'oubli sur l'histoire? Le mouvement bogomile aujourd'hui est absent du questionnaire en histoire, destiné à l'examen des candidats aux étudiants, par exemple. Tout comme ne figure pas non plus dans les livres scolaires d'histoire la problématique portant sur la christianisation de la population thrace sur les terres bulgares et la culture et l'Église de cette population au tout début du christianisme. En revanche, les fouilles archéologiques au cours des 2 ou 3 dernières années nous apprennent qu'Orphée-Christ dans la représentation et son appellation concrètes, est présent aussi dans le tombeau à coupole récemment découvert au village Alexandrovo, région de Haskovo; nous apprenons et assistons aussi à l'édification étendue de temples, au IIIe-IVe s. du début du christianisme, sur nos terres, par exemples les fouilles à Perpérek; cette construction va tout naturellement de pair avec la christianisation des Thraces, laquelle, au IVe s., malgré les persécutions, sous les empereurs romains, est déjà officialisée aussi, c'est un fait - c'est un fait avant-en dehors de-sans-indépendamment de l'empire Byzantim avec sa fondation à la fin du IVe s. Avant-sans-indépendamment aussi de la fondation de l'État bulgare au VIIe s. Bien sûr que c'est "la culture" qui christianise, et non pas "l'État" (peu importe que ce soit le sien propre ou l'étranger). Voilà pourquoi "avoir été" est le mode le plus sûr d' "être"! Bien sûr qu'il est indépendant et en dehors de l'historiographie qui donne la possibilité à Clio de confronter Thémis surtout sur le problème du mouvement bogomile - aussi bien à cause des bûchers et des croisades (génocide - holocauste?) contre les bogomiles-bougres, qu'à cause du pardon qui ne nous a pas été demandé jusqu'à présent, qu'à cause de ce qui a été voué à l'oubli par le temps académiquement infini de la science. Par ces "à cause de" le monde européen prend place sur la carte culturelle bulgare car on ne peur pas faire autrement - "elle" a toujours été en "lui". Et si "l'État est une étape tardive dans le développement des sociétés", et "la culture", on le sait bien, n'est pas des "tardives", que dire de la synthèse de culture bulgare dans ses trois cercles ethnoculturels - thrace-orphique, proto-bulgare, slave, et en particulier - de l'histoire de la foi… Le cercle culturel thrace-orphique tout d'abord y reçoit - appelle au secours la foi du Christ - c'est lui qui, telle une corne d'abondance, concentre les idées de la vraie vie des premiers apôtres - Saints Paul, André, Luc, Bartholomé, Barnaba "avec" les églises et les sociétés fondées par eux et il s'y effectue le premier cercle chrétien de et en Europe où a lieu notamment l'apparition du mouvement bogomile. Lui, de son côté, garde son attraction pour le monde européen en entier, et au temps de la petite ville Visa, et au temps de la capitale Constantinople, et au cours de tout le Moyen Age, peu importe la façon dont elle est matérialisée - historiquement, et la façon dont elle est appelée - historiographiquement. Particulièrement significative dans ce sens est une des ces "petites guerres" contre la Bulgarie, appelées ainsi par l'historiographie; elle est décrite dans "Anonyme vénitien de 1267", consacré "au notable Giaccomo Doro", amiral de la flotte vénitienne. Celui-ci est parti avec 10 galères pour Constantinople et après une visite à l'empereur, qui lui a donné une armée en renfort, le 14 juin tous ensemble ils ont débarqué à la ville nommée "Nessebar dont, grâce à Dieu, ils se sont emparés sans grande perte d'hommes… Les vainqueurs, dans la joie et la jubilation générale, sont entrés dans la grande église "Sainte Sophie" et ont trouvé le précieux trésor déjà mentionné de leur grand martyr Théodore". Sur le chemin de retour à Venise Doro dépose "le précieux trésor" à l'église "Saint Nicolas" de "la ville royale Constantinople". L'histoire nous apprend qu'à la fin du IIIe s. et au début du IVe Saint Théodore Stratilat est né près de la Mer Noire où il travaille aussi en tant que voivode de sa ville et, prédicateur fervent de la foi chrétienne, est martyrisé sous l'empereur romain Licinius - le fait que Théodore Stratilat décline l'ordre de l'empereur d'une rencontre entre les deux dans une autre ville (Nicomédie), est bien significatif. Aussi l'empereur vient-il en personne le retrouver - Théodore veut recevoir le martyre dans sa ville, afin de servir d'exemple à ses concitoyens christianisés dans l'affirmation de leur foi. La châsse du martyr chrétien St Théodore continue à l'affirmer jusqu'à l'année en question 1267 dans l'église de Nessebar "Sainte Sophie" (nommée aujourd'hui Grande métropole), lorsque les armées vénitiennes y arrivent aussi - c'est depuis et par elles que la châsse "est exportée" par Constantinople à Venise, celle-ci ayant choisi entretemps comme patron et protecteur spirituel St Théodore Stratilat; son historiographie d'alors, on l'a vu, l'appelle déjà "son" martyr. Quant au martyre, vu les persécutions contre les chrétiens, le droit romain au "son" est fondé. En même temps que la châsse de St Théodore les armées vénitiennes emportent de "Sainte Sophie" de Nessébar la main du St ap. Bartholomé, la tête de St Siste avec d'autres "saintes reliques" encore. Le monde européen médiéval "transfère", depuis le monde du début du christianisme d'ici, de l'histoire pour lui-même - toujours à Venise où nous autres, de notre part, y allons les contempler avec "jubilation et joie", transportés par nos touropérateurs. Nous entrons à l'église "San Salvador", par exemple, pour les découvrir. Cependant ceux d'entre nous, qui sont tentés par l'histoire, savent bien que dès le IVe s. et à Venise, et à Ravenne, il y a même certaines dalles à relief, "secondairement insérées" dans l'extérieur de pierres de ces villes-là. Nous connaissons aussi la plastique sur les pierres des sarcophages, les représentations en mosaique, et toute une série de saintes reliques - elles sont toutes marquées et par une pensée thrace-orphique prononcée, et par la culture de Pliska-Preslav éminemment connue, et transférées par Constantinople, à la suite de guerres tantôt petites, tantôt grandes. Ainsi l'historiographie nous parle-t-elle tout le temps soit d' "une importation de Byzance", soit d'un travail exécuté après un nième "retour de Constantinople", soit d'oeuvres de peintres "byzantins convoqués exprès", exécutées avec des "matériaux byzantins", soit de "matériaux byzantins littéralement fourrés dans les murs"… La culture citadine traditionnelle de pierre s'y avère un emprunt commode à transporter. Voici aussi à Athènes - les fig. I-a et І-b, fig. II, je montre des fragments de l'extérieur en pierre de l'église de la Petite métropole, bâtie à la fin du XIIe s. Avec eux je montre aussi la trouvaille archéologique (la fig. III) du trésor de Loukovit, produit d'ateliers d'art thraces, daté du milieu du IVe s. av. J.-Ch. Par la composition de cette époque-là "lion déchirant un cerf", manifestation éminente de la culture thrace-orphique (je rappelle, entre parenthèses, que le trésor de Loukovit est déjà documenté dès 1953), l'identité entre les deux sites culturels est frappante. Considérons ici deux autres dalles toujours de la métropole d'Athènes (la fig. I) - sans aucuns guides, dépliants touristiques ou gros albums scientifiques elles nous ramènent au temps culturel Pliska-Preslav. Par contre, dans l'explication*<1> historiographique de 1975 concernant l'église d'Athènes, bâtie au XIIe s., et la Thrace, et la Bulgarie, et leur culture sont absentes - on en parle de façon "non-identifiée": la métropole d'Athènes aurait "une série étonnante de reliefs" muraux, datés de "toutes les époques" et venant de "tous les horizons" et portant aussi "un caractère nettement original du IXe-Xe s."… Il ne nous reste qu'à espérer, après qu'en 2006 l'historiographie académisée mondiale a reconnu-accepté la Thrace - "la Thrace et la Grèce antique, la Thrace et l'Empire romain" (au lieu de la Thrace en eux), que dans les décennies-siècles à venir, elle finira par reconnaître aussi "le christianisme en Thrace" - celui des premiers apôtres et le premier christianisme en Europe. Car on sait bien que dans "la compétition" culturelle entre les peuples, les moyens dont on se sert sont différents - permis, interdits et il y a aussi les buts contre son camp. Dans l'historiographie sur l'histoire bulgare les moyens du second et du troisième type abondent et j'en ai rappelé ici quelques-uns, peu importe la langue dans laquelle ils sont écrits. De nos jours où l'Europe ancienne essaie de se considérer en tant que temps-espace d'une multitude d' "altérités en accord", notre travail historiographique est, à mon avis, très facilité: exprimer nous-mêmes à travers toutes nos sources l'histoire bulgare dans ses trois cercles, sans relâche, sans craindre les autres "compétiteurs". D'autant plus qu'aujourd'hui de leurs trésors (il est évident que "la culture" n'est ni "État", ni "trésor ", ni "tourisme", mais bien une voie-expérience parcourue par soi-même) ceux-ci nous font parvenir sous forme de "visite" ou "donations" nos propres acquisitions culturelles depuis des millénaires. Le séjour est significatif, dans ce sens, de la châsse même des saints apôtres André et Bartholomé dans le temple "St Al. Nevski". À propos de ces acquisitions spirituelles datées des premiers siècles apostoliques de la christianisation de la population thrace sur nos terres, le terme "visite" ou "donation" n'a été remplacé par le seul terme de "retour" ni par voie synodale, ni par voie culturelle-ministérielle, ni par voie médiatique. Car c'est par voie historiographique qu'on avait imposé le silence, l'oubli, la "dé-mémorisation" sur ces acquisitions historiques. Et cela au cours de dizaines, de dizaines et de centaines d'années. Je suis éminemment convaincue que les altérités européennes d'aujourd'hui ne connaîtront l'entente di désirée de nous tous que si l'acte spirituel - le pardon - a lieu. Le pardon doit être demandé. Pour que l'acte ait lieu, il ne doit être remplacé-anticipé par l'idée de "rapprochement" entre les autres et nous. Sinon ce serait "mettre la charrue avant les boeufs". Oui, l'historiographie actuelle, selon moi, est vraiment facilitée, puisqu'il lui suffit de rappeler - c.à.d. d'éveiller la mémoire. Oui, je partage la conception, qu'homme-culture-mémoire ont toujours été synonymes! Nous y ajoutons aujourd'hui avec espoir "l'autre". À travers les exemples de Venise et d'Athènes, avec la répétition multiple de l'adjectif "byzantin" et les définitions vagues "toutes les époques", "tous les horizons", on a vu encore une fois que "l'État", avec son apparition plus tardive que "la culture", appelle souvent celle-ci par son propre nom et l'exploite pour ses "méga"-buts par l'historiographie, voire même quand "la culture" n'est pas son acquisition. Ainsi l'histoire prolonge-t-elle son existence dans l'historiographie, mais pas dans l'histoire culturelle. Car celle-ci, bien que longtemps non désignée de façon "grapho", trouve toujours è jaillir - par exemple è travers l'archéologie. Aujourd'hui chez nous elle est très d'actualité, par son "achi", pour notre carte culturelle. Elle a toujours trouvé à se manifester elle-même - même par un acte étatique concret. Un tel acte pour notre histoire culturelle, en particulier le mouvement bogomile, est la décision de l'État nouvelle ment fondé à la fin du XIIe s. - la Bosnie: les habitants de "la petite terre Bosnie" choisissent la doctrine bogomile pour leur religion d'État. À la fin du XIIe s. elle s'avère une "option". Et comme il s'agit notamment de religion étatique, cela vient dire encore une fois que la doctrine bogomile est la structure toute faite la foi-doctrine-église, fonctionnant à l'unisson, la structure spirituellement institutionnalisée, l'unité autonome accomplie, existant sur un pied d'égalité avec celles de Constantinople et de Rome. C'est de cette façon que, tout en poursuivant ses idées et buts étatiques, la Bosnie la comprend, la choisit et l'affirme avec aisance, en présence d'une littérature, d'une écriture, d'une propagation - sédentarité. En suivant son histoire, c'est de cette façon-là que la Bosnie la vit - les événements socio-politiques survenus en elle et avec elle en sont la confirmation. "Le Livre secret", apporté par Nazari, traduit et distribué par la Bulgarie dans le monde européen d'alors, les dignités ecclésiastiques obtenues lors de l'extension du mouvement bogomile (et avant, et après le choix bosniaque), la présence d' "anti"-papes, de conciles et de décisions de ces conciles et de relations entre les églises dans ce mouvement, tout cela ne fait que confirmer la vie d'une organisation spirituelle autonome que représente la doctrine bogomile dans le monde chrétien. Cette vie se voit confirmée aussi par la lutte contre elle, lutte étendue et au plus haut degré: depuis la création même de l'institution de la Sainte Inquisition, à travers les croisades et jusqu'à l'apparition d'une littérature spéciale d'anathème. Toutes elles n'auraient pas eu lieu, si cet "autre" - le christianisme en Thrace-Bulgarie n'avait pas été si totale ment formé, achevé en lui-même et n'avait pas eu une existence menaçante en même temps que les deux centres religieux chrétiens officialisés de l'ancien empire Romain-oriental et occidental. Chacun d'eux par ses voies et raisons crée une riche historiographie (ses fonds d'archives aujourd'hui encore sont innombrables) dans sa guerre avec l' "autre", le non-officialisé. En Byzance on en dit que c'est "une nouvelle et ancienne hérésie", que c'est "une doctrine ayant existé déjà avant" le XIe s., "mais qu'elle savait s'en cacher" et malgré les efforts faits on n'arrive pas à découvrir qu'elle ait son origine en un homme-"caractéristique" particulièrement exacte du point de vue typologique. Dans le monde de l'Europe occidentale on lui donne des noms d'évêques et des noms d'anti-papes - sauf Nazari, il y a aussi Marko, Bartholomé, Pétar et il se forme une façon de voir (et par les inquisiteurs, et par les inquisitionnés) qu'elle est une foi gardée et cachée dès le temps des apôtres et des premiers martyrs chrétiens en Bulgarie, sur les Balkans, où se trouvent ses églises principales, les églises-mères. Cette riche historiographie en guerre ouverte donne le jour aussi à son absurdité logique - "les autres", les bogomiles, sont des hérétiques qui ont perdu la raison, des impies, des monstres maudits, des menteurs sans vergogne, des escrocs perfides, mais surtout ils sont "des suppôts de Satan". On y retrouve une fois de plus l'accusation de "dualisme". Elle vient aussi bien des historiographes-théologiens médiévaux que les historiographes-athées du XXe s. Mais c'est notamment en l'autodémenti de cette "accusation" que consiste l'impuissance la plus évidente du pathos historiographique caractéristique de longues périodes de temps. Car il documente lui-même abondamment "les suppôts du diable", qui abusent "en enseignant deux principes", de la façon suivante - à l'origine des croyances des bogomiles serait leur crainte des forces du mal et les actes de leur culte seraient dictés par l'aspiration à s'en débarrasser, puisque d'après eux "les diables possèdent une grande capacité à nuire à l'homme". En même temps - "les diables fuiraient les bogomiles comme la flèche l'arc". Les serviteurs du diable - dualistes le craignent. Ils cherchent à se prévenir de sa nuisance. Du point de vue du culte, ils semblent y réussir, puisque lui aussi les fuit comme la flèche l'arc… Douze siècles durant les historiographes de la doctrine bogomile soutiennent cette absurdité théologique: les suppôts - croyant en "la divinité" "la" fuient et sont ceux qui "la" craignent et qui cherchent le plus à s' "en" prévenir. Les suppôtscroyants fuient leur propre "dieu", et "lui" les fuit à son tour! Dans l'historiographie antibogomile bien conservée pour les générations et les siècles nous constatons la tragédie de sa propre absurdité! Une tendance analogue est observée aussi dans l'historiographie des Thraces-de la Thrace - "la reconnaissance" académisée depuis 2006 de leur antiquité autonome (précédant sur le plan culturel et historique la grecque et la romaine) s'effectue aujourd'hui à l'aide d'instruments et d'une méthodologie d'avant la reconnaissance. Je m'arrête là-dessus car dans ses pré-images et idées la doctrine bogomile - le christianisme des premiers apôtres en Thrace, n'est ni une acquisition géographique de "jadis", ni une attraction touristique d'aujourd'hui, comme c'est le cas de la Turquie par exemple, mais elle est notre réalité ethnique et culturelle depuis la Thrace antique jusqu'à nos jours. Ces années dernières, on le sait bien, les découvertes archéologiques quasi mensuelles sont particulièrement éloquentes dans ce sens. Notre archéologie est débordée par l'objet de ses recherches scientifiques et semble ne plus parvenir à lui donner son sens. Je voudrais que ce soit notamment la grande fréquence des nouveautés archéologiques l'unique raison des absurdités "intérieures" concernant le cercle culturel thrace-orphique - intérieures, puisqu'elles sont créées et formées sur le territoire de la science bulgare. Je n'en citerai que quelques-unes d'entre elles: • Au lieu de Perpérek ("pierre sur Pierre") l'appellation continue à être grécisée, par exemple Perpérikon; • Les Rhodopes sont présentés comme la montagne et d'Orphée, et de Dionysos; • Les couches chrétiennes les plus anciennes de Perpérek, manifestation d'une architecture chrétienne de temple hautement développée, sont présentées comme "une influence de Byzance" - on sait bien que l'histoire de l'État de Byzance ne commence qu'à la fun du IVe s. et sa culture connaît son plus grand épanouissement à partir du VIe s.; faut-il évoquer l'hésitation de Constantin le Grand immédiatement avant mai 330 quant à la cité où il devait transférer Rome la capitale, de son empire: dans la petite ville Visa (pour sa situation militaire stratégique et commerciale) ou dans la cité Serdika, centre chrétien et de temple hautement développé qui en 343 déjà avait donné son nom à l'un des conciles de l'église au début du monde chrétien - celui de Serdika? • Toute tentative même hésitante est absente d'étudier le contenu mythologique bulgare thrace-orphique d'Orphée héros (Ourphen, Orphen; Roufinka, Orphinka), Naissance d'Orphée, Mariage d'Orphée; • Comme porteur suprême de la foi et de l'immortalité thrace-orphique de l'homme Orphée, à Tatoul, est présentée "sa tombe", bien que la légende populaire connaisse-raconte-se rappelle notamment le dieu-homme toujours vivant, Orphée-Orphen-Ouphren l'immortel, s'endormant dans la grotte et dont le réveil est imminent: l'historiographie bulgare se refuse à se servir de l'historicité bulgare en tant que sources? Qui dérangent-elles? Ou les paroles, dites il y a un siècle, par le sanscritiste français le prof Dozone, concernant le folklore bulgare, et en particulier "Véda Slovéna", que l'étude de celle-ci bouleversera la culture européenne, seraient-elles une menace pour les "altérités culturelles" même dans l'Europe unifiée d'aujourd'hui? Et cela dans les conditions de la civilisation la plus ancienne, celle de la Thrace de plus en plus catégorique? • Les découvertes archéologiques actuelles dans les Rhodopes sont liées à expliquées aussi bien par la mythologie de la Grèce antique, que par la littérature du grec ancien; des publications scientifiques cela passe aussi dans les agences tour-opératrices; dans leurs cars, endroit propice à la propagation de la nouvelle "culture de masse", le guide, au lieu d'images mythologiques bulgares, de motifs, d'idées, de légendes populaires concrètes, est instruit et formé à raconter des légendes et mythes de la Grèce antique sur Orphée, mort déchiré par les bacchantes, les faisant peupler et la Maritza, et la Sredna gora, et les Rhodopes…, lorsqu'il commente une nouvelle trouvaille archéologique de notre antiquité thrace-orphique. Historiographiquement, celle-ci continue à être surpeuplée d'antiquité gréco-orphique, et notre histoire nationale d'une connaissance de soi se transforme en rubrique journalistique "les autres parlent de nous". Est-ce maintenant lorsque, plus que jamais, l'archéologie et le folklore bulgare deviennent des réalités s'expliquent l'un l'autre, que le cercle culturel thrace-orphique doit être déraciné et rejeté de notre culture nationale? À qui cela profite-t-il? • Les Rhodopes de l'Est, la partie la plus basse (tracé de transport des plus commodes pour l'industrie touristique et zone frontière entre les deux pays), sur le plan ethnique et culturel se voient détachés de l'ensemble de la montagne et sont présentés comme le lieu et le centre supérieur de la foi et de l'idéologie thrace-orphique. Ainsi des trouvailles historiques et archéologiques d'autres parties des Rhodopes continuent-elles à ne pas être étudiées, à n'être documentées que de façon partielle, déformée ou pas du tout ou, tombant dans un profond oubli, se trouvent-elles hors de l'analyse scientifique systématique. Un exemple - Bélintache, partie centrale des Rhodopes. Deuxième exemple - le lieu-dit Orphenskoto, au-dessus du village Satovtcha, Rhodopes de l'Ouest. Troisième exemple - le versant de la montagne après le village Ugovo en direction Est jusqu'à et y compris Krastova gora; ce n'est pas par hasard qu'il porte tout entier le nom de Gradichté on y voit aujourd'hui encore des vestiges de remparts; à mi-côte le seul endroit peuplé - le village Borovo (municipalité de Laki), est entouré aussi bien de nombreux sanctuaires rupestres, aujourd'hui chapelles (pour ce petit village de 30 décares elles sont au nombre de neuf*<2>), que de massifs rocheux, parsemés de cratères ronds (liés entre eux ou isolés), d'anfractuosités découpées rectangulaires ou carrées, de caniveaux transversaux et longitudinaux, de massifs blocs de rocher taillés, de gradins, d'un triangle isocèle concave (apparemment reste d'une représentation plus grande, selon moi - labrisse), du mécanisme d'une porte… Et tout cela, avec son orientation symptomatique est-ouest-la présente description est sa première publication, continue à rester inconnu, exposé uniquement aux éléments de la nature. • Un autre exemple "intérieur" encore - les cavités en forme de coeur. On en dit, à propos de Perperék, que celle-ci est due "aux outils énigmatiques ayant existé jadis dans le sanctuaire". Leur caractère énigmatique ne concerne décidément pas "jadis", mais bien aujourd'hui, mais pourquoi cette forme caractéristique qu'on reconnaît se distinguer "de tous les autres découpages effectués par les hommes aux époques postérieures", à l'époque chalcolithique, est-elle présentée, premièrement, comme ressemblant à une "moule", et, deuxièmement, pourquoi n'est-elle pas, du moins lorsqu'elle est publiée, comparée avec les formes en coeur nettement exprimées de cratères (à la même orientation à l'Est) dont abondent, par exemple, les parties centrales et hautes des Rhodopes... Je propose le parallèle suivant: Fig. IV - Perpérek (Перперек), cavité rupestre en forme de coeur (représentation citée d'après la p. 62, "Perpérikon. Civilisation des hommes des rochers", N. Ovtcharov, 2005). Fig. V - Bélintache (Белинташ), région d'Assénovgrad, près du village Vrata, cavité rupestre en forme de coeur, de précision quasi naturelle, on y en voit deux, je montre la moins grande (représentation citée d'après mes propres archives photographiques); à l'Est du pied du massif rupestre Bélintache ("pierre blanche"), qui commence par des gradins montants, se trouvent des vestiges d'une imposante porte en pierre. Fig. VI - Krastova gora (Кръстова гора) (Krastov vrah, Krastov), cavité rupestre en forme de coeur - première publication; les conditions naturelles n'en ont épargné que le côté droit, ainsi que les cratères ronds; la flèche en haut, au fond, indique le massif rupestre Bélintache, à l'Est, à 10 km à vol d'oiseau environ (représentation citée d'après mes propres archives photographiques); ces coeurs dans la pierre seront d; une importance pré-imagée particulière pour le sens du contenu analysé (du premier au quatrième chapitre du présent ouvrage): terre-femme-coeur-feu, où "le coeur" est le symbole du principe féminin de la création et de l'être de "ce monde" en association avec le principe masculin: Ciel-homme- lumière divine-soleil-esprit (la femme édifie, l'homme crée); nous pourrons revenir à ces coeurs dans la pierre à tout moment suivant où nous donnerons leur sens de façon visuelle aussi aux notions de noce, mariage, initiation spirituelle (Terre-Ciel) et porte, entrée (homme-Dieu). Ou bien, en suivant ces quelques absurdités "intérieures" dans notre science et politique culturelle d'aujourd'hui, devons-nous penser aussi à d'autres types et genres de raisons qui les ont suscitées? - Non-scientifiques? Hors de la science? Au-dessus de la science? Des raisons d'un nouveau niveau idéologique en présence d'une serviabilité "intérieure" assidue et volontaire? Des raisons suscitées par les conditions actuelles où les limites entre science et tourisme culturel se diluent? Des raisons suscitant des conditions de limites, diluées entre l'orphisme thrace - foi en l'immortalité de l'homme, et l'orphisme de la Grèce antique - foi en l'immortalité de l'âme? Car, du moins sur le plan physique, on n'observe ni "petites" ni "grandes" guerres contre la Bulgarie et son patrimoine culturel avec le pillage et l'exportation, connus d'autrefois, de dalles et reliefs ou bien de châsses, toujours indispensables pour le climat culturel de quelque "autre pays" de l'Europe unifiée… Et pour ne pas faire croire que je m'imagine que l'attitude envers la doctrine bogomile changerait si aujourd'hui on demandait l'aide de la Direction des religions (comme le font les sectes autorisées par elle-en deçà et au-delà de l'océan), je m'arrête là. "Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme de feu; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes; il avait un nom écrit, que personne ne connaît, si ce n'est lui-même; et il était revêtu d'un vêtement teint de sang; Son nom est la Parole de Dieu (Apoc. 19:11-13) - le choix de ces quelques mots du Nouveau testament à la fin de ma préface est le résultat de mon entière conviction de l'Enseignement de la Parole, l'Universelle, la Vraie, menant à l'unité du Divin et de l'humanité, sur sa voie du Premier jusqu'au Troisième testament. Il est le résultat aussi de ma conception du caractère de la culture nationale bulgare - culture de et née de la Parole, préparée pour Lui de façon pré-imagée, se développant en Lui et Le propageant d'ici vers… Non, non pas vers "les autres", mais vers les prochains. ----------------------------------- *<1> En ce qui concerne les représentations en Italie et en Grèce, je cite l'édition francophone "Les Trésors de Byzance" de Guy Anneguin, éditions Famot, 1975. La citation de l'anonyme vénitien est faite d'après l'édition académique bulgare "Sources de l'histoire bulgare", v.XXIV, S., 1981. *<2> L'appellation populaire de l'une d'entre elles - "Svéto Léténié", sa place dans la situation rupestre générale, les rituels annuels qui y sont liés et respectés de nos jours encore, la caractérisent comme une trouvaille extra-ordinaire pour l'historiographie. Sofia juillet 2008. back to top |
