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The Contemporary World and the Woman. A collection of a French-Bulgarian Seminar... LA MATERNITE EN BULGARIE ENTRE LES 20EME ET 21EME SIECLES
L'ensemble des spécificités concernant l'étape initiale de la maternité: y compris la période prénatale et la scolarisation de l'enfant, confronte la femme contemporaine à des problèmes essentiels. Sans l'assistance et la protection multiforme de la société dans le monde de nos jours la jeune maman, laissée à elle-même, ne saurait accomplir d'une manière satisfaisante les tâches de mère qui lui incombent. Le problème crucial de la politique sociale vis-à-vis de la mère, que l'Etat bulgare doit résoudre consiste à créer les conditions nécessaires à ce qu'une maternité pleinement vécue et une réalisation professionnelle à part entière soient compatibles, d'autant plus que dans l'énorme majorité des cas la femme bulgare travaille, et ceci pour des raisons ancrées d'une part dans la tradition et le système des valeurs, d'autre part dans les contraintes économiques. Le système original de forte protection de la mère assurée par l'Etat que le régime socialiste avait instauré ne correspond plus à l'économie de type nouveau mise en place dans notre pays. Il y a donc de nouvelles décisions à prendre qui tiendraient compte aussi bien de la pratique déjà établie que des intérêts conjoints de la femme, de l'enfant et de l'employeur. En accord avec nos traditions et dans l'esprit des prescriptions de l'ONU et de l'UE, la nouvelle protection sociale de la maternité devrait aussi concerner le père : autant lorsqu'il est censé remplacer la mère que lors de l'accomplissement de son propre devoir parental. ET LE CODE DU TRAVAIL
Les changements démocratiques qui se sont annoncés en Bulgarie dès 1989 ainsi que la Constitution de 1991 qui a proclamé la Bulgarie comme "état de droit, démocratique et social", ont d'abord éveillé de grands espoirs. Cependant, nombre des aspirations qui en découlaient se sont révélées illusoires. Dans le domaine social, et la condition de la femme en particulier, il s'est produit plutôt le contraire: on a le sentiment d'une régression considérable. Le chômage qui a pris des proportions graves - estimé actuellement à 20% - a atteint avant tout la situation de la femme. Le salaire qu'elle touche pour le même travail accompli est loin d'être l'équivalent à celui d'un homme. La pratique répandue des contrats de travail à durée déterminée crée une ambiance d'instabilité totale sur le marché de l'emploi. Pour un grand nombre d'entreprises, la journée de 10 à 12 heures de travail prend un caractère régulier, ce qui est un coup dur porté avant tout à la femme à qui incombent en plus les tâches du foyer familial. Dans le contexte du chômage croissant, profiter des congés de grossesse et de maternité devient illusoire, vu la tendance qui se dessine et qui renvoie la charge des indemnités à l'employeur. Situation loin d'être réalisable: soit les employeurs ne seront pas d'accord à s'en charger, ce qui donnera lieu à d'interminables poursuites judiciaires, soit, suivant des consentements tacites avec leurs employées, ils se contenteraient de les indemniser par des sommes modiques. Les changements adoptés dans le code du travail, mentionnés dans l'exposé, sont faits aux dépens de la femme, surtout de la femme-mère qui travaille.
Le présent exposé analyse l'anxiété massive ainsi que les formes graves d'angoisse et de déprime dont souffrent les jeunes femmes et les mères (18-35 ans) en Bulgarie, états provoqués par une confusion et un sentiment de panique devant l'instabilité, les risques et l'agressivité du milieu social, devant le spectre du manque de perspective. Environ 70% à 80% des jeunes femmes et mères souffrent aujourd'hui d'anxiété à des degrés différents. Ce fait diminue et déforme l'activité du contingent fertile: la décision d'avoir un enfant est reportée dans le temps, les interruptions volontaires de la grossesse sont de nombre croissant, la norme de nativité est en baisse et, par le volume critique de sa masse, la crise démographique prend des allures de catastrophe. Désormais la maternité est per?ue non seulement comme étant une question de décision personnelle, mais aussi comme la réalisation d'un acte orienté vers la société, comme un devoir vis-à-vis de la société. Il est donc nécessaire de provoquer une discussion afin que les institutions et l'opinion publiques puissent reconnaître à la maternité un statut spécifique en sa fonction et son rôle social irrempla?able, qui devrait être garanti par des ressources publiques. D'autant plus qu'on assiste à des tendances discriminatoires qui vont en s'amplifiant, en matière de maternité tout comme sur le marché du travail. Il est démontré que la maternité ne représente pas une entité "statistique moyenne" et que lors de la stratification sociale extrêmement polarisée qui s'est déjà dessinée en Bulgarie, il existe trois strates de base, à l'intérieur desquelles la vie de mère évolue dans le cadre de réalités de civilisation différentes. D'où la nécessité d'appliquer la méthode d'assistance sociale d'une manière nettement différenciée. Ce n'est que grâce à cette différenciation que l'on en assurerait l'efficacité, et dans un contexte plus vaste, on aboutirait à une réalisation essentielle du principe de justice sociale. Ce n'est que de cette manière que l'Etat bulgare saurait investir réellement et substantiellement dans la qualité de la vie: lorsqu'il garantit des conditions normales et crée par là des stimuli pour une maternité convenable; lorsqu'il procède à la redistribution de ressources appropriée; lorsqu'il entreprend des mesures nécessaires à la sauvegarde des intérêts spécifiques de la jeune femme, de la mère, de la famille elle-même en tant qu'institution unique qui exerce un effet de stabilisation sur l'ensemble de la société. LES AGGLOMERATIONS RURALES
Dans le contexte économique et social actuel, la province bulgare et le village en particulier, se trouvent devant une situation profondément conflictuelle: la personnalité de la femme paysanne est formée suivant l’orientation vers un type de maternité moderne tandis que le village est en train de perdre des instituts fondamentaux: il s’agit notamment de la disparition d’établissements médicaux, ainsi que de ceux, reliés à la garde, l’éducation et la formation des enfants. Par ailleurs, il existe une vacuité dans les mécanismes compensatoires ou alternatifs qui aideraient à subvenir aux besoins de la population des campagnes. Quelles seraient alors les possibilités qu’aurait une mère des agglomérations rurales de conserver le modèle de maternité moderne tout en assurant la parité des chances de départ pour le développement et la réalisation de son enfant? Les données statistiques en démographie ainsi que les résultats d’études empiriques en sociologie présentés indiquent la gravité de la situation socio-économique. A travers ces mêmes données, et dans le but de sauvegarder et de stimuler le potentiel positif du village bulgare, on recherche des arguments qui amèneraient l’Etat à focaliser ses efforts et ses ressources en la matière, aussi bien dans le cadre de programmes de longue échéance bien structurés que dans une rapide prise de décisions adéquates, concernant la solution de problèmes sociaux concrets. LA VIE POLITIQUE ET SOCIALE
En plus des intérêts de classe, de groupes ethniques ou de groupements économiques il existe dans la société d’aujourd’hui une distinction entre les causes masculine et féminine. La prise en considération de ce fait élargit la base démocratique du pouvoir et améliore l’efficacité et la qualité de la gestion sociale et politique. Toutefois, le Programme de développement de l’ONU pour le développement de l’humanité (1995) constate que "il n’existe pas de pays dans le monde où la femme est traitée et de la même manière que l’homme". La Bulgarie ne fait pas exception quant à cette observation. N’empêche qu’aujourd’hui il serait impensable de concevoir la vie sociale et politique sans la participation des femmes, sans la lutte permanente qu’elles mènent pour le respect de leurs droits. L’analyse de certains aspects des rapports entre les deux sexes comme de la situation où ceux-ci se trouvent en Bulgarie confirme l’utilité du Plan national d’action, élaboré dans le pays en 1996 par une commission interdépartementale, conformément aux exigences de la 4ème conférence mondiale de l’ONU sur les problèmes des femmes, tenue un an auparavant à Pékin. Il serait cependant impossible de faire changer la situation actuelle sans la participation des mouvements des femmes, sans l’influence et le contrôle que ceux-ci exercent sur les décisions politiques. Le "Parlement public des femmes – 21ème siècle" est l’une des structures les plus importantes du mouvement féministe dans notre pays, dont on présente ici la structure, le programme et le plan d’action. DES FEMMES A LA VIE POLITIQUE
De l’analyse de la législation bulgare en vigueur ainsi que des actes juridiques internationaux qui réglementent la participation des femmes à la vie politique, il ressort que proclamer formellement l’égalité entre les hommes et les femmes en matière de politique (la situation de jure) ne suffit pas à accéder à une égalité réelle (à une situation de facto). Il est souligné que le principe d’égalité devant la loi ainsi que la proscription de contraintes de droits ou privilèges, basés entre autres sur l’appartenance sexuelle – dispositifs proclamés dans l’article 6 de la Constitution – ne garantissent pas ce droit d’une manière satisfaisante. Les lois concernant les droits politiques des citoyens ne prévoient pas de dispositions: mesures ou mécanismes, qui en garantissent le respect. En outre la législation bulgare n’est pas entièrement harmonisée avec les exigences d’accords internationaux tels que le Pacte international sur les droits politiques et civiques ou la Convention de l’ONU sur l’abolition de toutes les formes de discrimination concernant les femmes. On fait un rappel à la recommandation du Comité pour la CAFDF, datée de février 1998, faite au gouvernement de la République de Bulgarie en ce qui concerne l’introduction de mécanismes qui garantissent la parité des chances des hommes et des femmes par la voie du système électoral dans la législation électorale, y compris le financement des campagnes électorales; au moyen de démarches particulières du côté des partis politiques; à travers la régulation du rôle des médias dans la lutte préélectorale. Il est recommandé de prévoir un quota minimal de 40% pour la participation des femmes à la prise de décisions à tous les niveaux de la gestion sociale. UNE CHANCE D’EGALITE DE PARTICIPER DANS LA VIE POLITIQUE
A travers des opinions recueillis parmi 115 femmes et hommes – experts et membres du Parlement, du gouvernement et du pouvoir local – on recherche une réponse à savoir quelles sont les chances réelles de la femme bulgare de devenir le partenaire de l’homme à part égale dans la vie politique du pays. Au moment de l’étude, juin-juillet 2000, la participation des femmes en Bulgarie dans le haut niveau des pouvoirs central et local n’est estimée qu’à 11-13%. Comparées aux données d’il y a 10 ans, relatives à la présence féminine dans les organes tenus à créer les lois et à prendre les décisions importantes sur le destin et l’avenir du pays, celles-ci montrent que le taux en a baissé presque de moitié. Devant une égalité réelle dans ce domaine il existe des barrières posées par de stéréotypes de penser et d’agir vieillis, mais aussi de nouveaux obstacles d’ordre économique et socio-psychologique et qui ne sont pas clairement dessinés au regard de l’élite politique et sa partie masculine en particulier. Loin d’être pessimistes dans l’expectative, il faut dire que les nombreuses opinions exprimées sur les bons chemins à prendre pour arriver à une réelle position d’égalité diffèrent sensiblement et vont de la préconisation de la lente transformation d’une société qui se démocratise à l’exercice d’une forte pression pour l’application immédiate de modèles européens où la représentation des femmes à l’élite dirigeante suit le principe de quota de 50%. EN BULGARIE: POTENTIEL ET ACTIVITE
A l’époque actuelle de changements économiques difficiles et de crises, les femmes bulgares ont le désir d’organiser les mouvements des femmes qui aideraient les processus de développement démocratique du pays. Il existe en Bulgarie plus de 60 organisations non gouvernementales de femmes dont à peine 1/5 déploient de vraies activités dans l’espace public. L’exposé présente les organisations et les fondations importantes qui ressortent du tas sur des critères de qualité et suivant la réalisation de projets en faveur de la condition des femmes, des enfants et de la famille. L’étude relate l’analyse des résultats d’un sondage effectué conjointement par l’association des clubs "Femmes dans la science" et le "Parlement public des femmes – 21ème siècle". En conclusion on souligne le désir des femmes, menant une action réelle ici et maintenant, d’être des partenaires respectables des hommes au cours de cette période de changements complexes et fondamentaux dans les domaines social, économique et politique. SOCIALE DE LA MATERNITE, élaborée par l’association civile "Maternité pour l’avenir"
La République de Bulgarie disposait d’un système original (appliqué uniquement dans notre pays) de forte protection de la maternité, qui fonctionnait bien il y a peu de temps et qui, certes, représentait un des plus grands acquis sociaux de notre peuple. Ayant été établi dans le cadre d’une économie centralisée et planifiée, sous un régime administratif volontariste, ce système ne pourrait plus être appliqué dans le contexte d’une économie de marché. La société dans son ensemble, l’Etat et des associations comme la nôtre sont dressés aujourd’hui devant l’impératif d’élaborer une position de principe adéquate aux nouvelles conditions et qui servirait de base à trouver des formules pratiques tangibles dans ce domaine de l’oeuvre sociale. La Bulgarie étant, de par sa Constitution, un état social, le modèle à adopter, quant à la reproduction biologique et sociale des générations nouvelles, devrait être celui de la responsabilité partagée entre l’Etat, la mère et sa famille (conjoint, grands-parents et autres membres parentaux). Dans l’esprit de la tradition des Etats sociaux européens, des documents de l’ONU et l’UE, comme de la législation bulgare des dernières décennies, la femme-mère doit bénéficier non seulement du statut juridique, mais aussi d’un état réel de partenaire économiquement indépendant et de droits égaux aussi bien dans le cadre des rapports familiaux que dans toutes sortes de rapports sociaux, durant la période où, en raison de grossesse, accouchement et charge des soins maternels indispensables, elle ne saurait seule assurer les moyens de vie. La base conceptuelle sur laquelle ce statut est fondé est la reconnaissance de la maternité en tant que fonction sociale. Suivant une décision prise par les deux parents durant une partie de la période consacrée à procurer à l’enfant les soins maternels indispensables, le père peut assumer les fonctions de la mère et bénéficier de ses droits en matière de protection sociale de la maternité. Le père doit en bénéficier aussi dans les cas de maladie grave ou de décès de la mère. Sur une décision de la famille ou en cas de maladie grave ou décès éventuel de la mère (du père), d’autres membres de la famille peuvent bénéficier des droits en matière de protection de la maternité. La protection sociale de la maternité (de la parentalité) assurée par l’Etat ne pourrait être effective qu’à condition d’être élaborée systématiquement, à l’aide de formules qui se complètent, et appliquée d’une manière différenciée aux catégories sociales basiques, tout en tenant compte de la situation spécifique de la mère en termes de statut social, d’emploi et de culture. Dans son ensemble, une démarche moderne est tenue à prendre en considération et à coordonner les éléments suivants: • Assurance sociale publique; • Assurance médicale publique; • Garantie sociale publique; • Allégements fiscaux pour les familles où la mère-épouse est enceinte et les enfants n’ont pas atteint l’âge de 18 ans; • Etablissements publics (communaux) pour la garde des enfants; • Législation créant des conditions favorables à une assurance volontaire de la maternité (de la parentalité) avec l’effort personnel de la femme ou des membres de sa famille; • Temps d’emploi partiel; • Conditions qui rendent possible l’acquisition d’une qualification professionnelle lors du congé de maternité • Législation favorisant l’organisation de systèmes d’entraide soutenant la maternité (parentalité), entre les femmes (les parents) dans le cadre d’une structure d’ordre territorial, économique, syndical, etc. La société démocratique moderne se doit d’assurer les préalables juridiques, sociaux et économiques pour que la femme-mère puisse accéder à un haut état social (ce qui créerait aussi pour ses enfants les conditions nécessaires à un bon départ dans la vie), quel que soit le choix de la mère – faire prévaloir une réalisation au foyer au sein de la famille ou bien associer cette réalisation à des activités dans le domaine du travail professionnel, de l’entreprise et de la vie sociale. Quelle devrait être la durée de la période où la mère bénéficierait de l’aide de fonds publiques? Etant donné que l’aide publique devrait assurer les conditions nécessaires à la pleine réalisation de la femme en tant que mère, il nous parait convenable qu’elle en bénéficie (de toutes ses parties constituantes) aussi bien pendant la période prénatale – dès la constatation de la grossesse – que pendant toute la période qui suit, y compris l’accouchement, le rétablissement postnatal et le temps où les soins maternels indispensables sont procurés à l’enfant. Suivant nombre de critères élaborés par le savoir contemporain, on pourrait admettre que la période des soins maternels indispensables ne se terminerait qu’à la fin de la troisième année de l’enfant. Certes, une société humaine qui disposerait de plus de ressources matérielles, prolongerait ce délai au-delà de cette limite. Quel devrait être le montant de l’aide sociale à la maternité accordée par l’Etat? Il existe une thèse selon laquelle, dans les conditions d’une économie prospère, la maternité, considérée comme une activité à grandes responsabilités, liées à la création des nouvelles générations, devrait être rémunérée comme l’est l’exercice d’une activité de haut niveau de qualification professionnelle. Il y a lieu de croire qu’avec l’essor de sa richesse nationale, la Bulgarie tendra vers un niveau comparable. Il est cependant évident que pour l’instant l’échelle à laquelle l’assurance sociale fonctionnera aura des dimensions plus modestes. Toutefois, même aujourd’hui le montant de la maternité ne doit pas s’aligner sur le niveau le plus bas, c-à-d. sur le S.M.I.G. Dès aujourd’hui, le choix qui serait non seulement moral mais aura aussi un effet stimulateur sur la natalité serait de régler l’aide de l’Etat sur le montant du salaire moyen. Il serait convenable d’admettre que toutes les femmes, femmes au foyer, au chômage ou celles ayant un emploi, bénéficient uniformément du droit à l’aide publique. Les femmes qui travaillent ont en plus le droit à l’assurance sociale obligatoire. Il est souligné que lors de la réglementation de l’assurance sociale obligatoire des femmes travailleuses, il est nécessaire de prendre en considération aussi bien les intérêts de la mère et ses enfants que les capacités réelles de l’employeur. La conception proposée indique aussi les moyens à réaliser tous les éléments de la protection sociale de la maternité. L’importance que doit avoir l’assurance sociale publique y est soulignée, d’autant plus que le rôle de celle-ci devrait être plus significatif comparé à celui de l’assurance obligatoire pour les femmes qui travaillent. En fait, ce qui dans la conception proposée représente une contribution originale et substantielle aux idées de protection sociale de la maternité, c’est le modèle proposé d’une alliance entre l’assurance sociale publique et l’assurance sociale obligatoire pour la femme-mère. Back to top |
